Affaire Tapie: « une exécution pure et simple », dénonce son avocat

Thibault

Thibault

, France

L’avocat de Bernard Tapie, Me Emmanuel Gaillard, est très en verve après l’arrêt rendu par la cour d’appel qui oblige son client à rembourser les quelque 404 millions d’euros que lui avait donnés l’arbitrage de 2008. Il étudie les pistes de recours.

Emmanuel Gaillard va longtemps garder un mauvais souvenir de ce jeudi 3 décembre 2015. Quand il arrive au Palais de justice de Paris en début d’après-midi, l’avocat de Bernard Tapie n’a aucune idée de ce qui va se passer. Il vient, arrive en compagnie de son client, reprendre au greffe de la cour d’appel, l’arrêt de la chambre civile jugeant le conflit dans lequel sont opposés l’ex propriétaire de l’OM au Crédit lyonnais depuis plus de 20 ans portant sur les conditions de la vente d’Adidas. Il espère simplement que les juges ont pris en compte les arguments de sa plaidoirie au cours de l’audience qui s’était déroulée en septembre. Il y déclarait que pour lui, l’homme d’affaires pour lequel il a réclamé jusqu’à 1,174 milliard d’euros de réparation, avait bien été escroqué par la banque.

En lisant les 40 pages de la décision il va se faire désillusionner. La cour demande à Tapie le remboursement complet des 404 623 082 euros et 54 centimes accordés par le tribunal arbitral en 2008, avec le montant des intérêts courant depuis cette date, et de celui concernant les frais de la procédure arbitrale. Très surpris au début, Emmanuel Gaillard a ensuite essayer de s’exprimer. « Je trouve cela très décevant et injuste. Il s’agit d’une exécution pure et simple de Bernard Tapie », lance-t-il à L’Express, incertain sur l’origine de ce dangereux échec judiciaire.

Les recours possibles à l’étude

L’avocat est d’autant plus « offusqué » qu’il juge que la cour n’a pas considéré les faits nécessaires. « Ils affirment que Bernard Tapie Finance (BTF) était informé de la transaction de revente d’Adidas à Robert Louis-Dreyfus. Dans ces conditions, pourquoi le Crédit lyonnais est-il passé par du off-shore? Si tout était transparent pour BTF, pourquoi utiliser ce système de dissimulation? » Il déplore par ailleurs qu’un autre de ses arguments n’ait pas été étudié par les magistrats. Il a fourni une facture d’honoraires de 3 millions de francs (450 000 euros) de la collaboratrice de Bernard Tapie, Gilberte Beaux à une filiale du Lyonnais pour avoir persuadé son patron de vendre ses parts d’Adidas avant le 31 mars 1993.

L’avocat espère pourtant que le sort de son client n’est pas décidément scellé. Il s’apprête à lancer un pourvoi en cassation contre l’arrêt du 3 décembre.